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Transition Malienne Sauvons notre pays !

L’installation du Conseil National de Transition, source de pas mal de frictions, génère aujourd’hui beaucoup d’inquiétudes. Il faut avouer que cet organe qui est un préalable indispensable pour la mise sur rail du Mali nouveau n’a pas été constitué selon les règles de l’art. Faisons avec, car le temps presse et la nature a horreur du vide. Le fait que les nouvelles autorités prêtent le flanc à de nombreux remous sociaux peut s’expliquer.

Je veux illustrer cette idée par une anecdote qui est présente dans ma mémoire lointaine. Je ne sais plus qui me l’a racontée, ni où je l’ai lue.

Cette anecdote dit en substance qu’au moment de la révolution chinoise le guide aimé Mao avait instruit au peuple d’accepter de manger une espèce de haricot de mauvaise qualité qui se trouvait en abondance dans le pays.

C’était pour que le peuple puisse mieux résister pendant cette période très rude de la révolution. Un citoyen qui s’était rebellé à cette idée décida un midi, sous le coup de l’énervement, de se rendre à la résidence de Mao pour vérifier ce que ce dernier mangeait. Dieu faisant bien les choses, il trouva le guide de la révolution en train de manger le même haricot de mauvaise qualité. Sa colère se dissipa aussitôt et il devint subitement jovial. Interrogé sur l’objet de sa visite, il répondit qu’il était de passage, et qu’il s’était fait le devoir de saluer en passant le guide respecté. De retour chez lui, il mangea avec joie son plat qu’il avait mis en veilleuse. Que se passerait-il s’il avait trouvé Mao en train de faire la bonne chère ?  Je n’ai aucune preuve pour interpeller quelqu’un. Je voudrais tout simplement attirer l’attention des nouvelles autorités sur cet aspect du problème.

Dans l’état actuel des choses, comment comprendre le fait d’exiger d’une transition qui n’est qu’un simple trait d’union avec des objectifs précis, la satisfaction d’un chapelet de vieilles doléances ?

N’est-ce pas tendancieux ? Au regard des nombreux et graves défis qui nous assaillent et qui mettent en danger notre existence, il faut que les uns et les autres sachent raison garder. Il faut que chacun s’assume. Voyez-vous, au regard de l’acharnement de la junte à garder les postes de décision, je me suis interrogé. L’analyse que j’en ai faite m’a édifié. Je ne connais pas ces jeunes militaires ; mais je sais que de par leur réputation, ce sont des soldats valeureux qui ont donné la preuve de leur efficacité sur le terrain.

Je me dis qu’à l’épreuve, ils ont dû subir les conséquences de la longueur et la lourdeur des décisions politiques qui gèrent le terrain militaire. En connaissance de cause, comme ils ont beaucoup d’ambition pour la libération et la sécurisation de leur patrie, ils veulent ramener la décision auprès de l’action. Laissons-les travailler, aidons-les. Les choses sont plus difficiles qu’on ne le croit. La critique est trop facile. Cessons le dénigrement. Evitons d’exiger de la “Grande muette” un bavardage intempestif qui, du reste, peut-être contre-productif.

Je dis un mot du tollé provoqué par certains propos du Président de la transition, Bah N’Daw.

Force nous est de reconnaître la maladresse de ces propos. Je ne connais pas personnellement Bah N’Daw, mais je crois savoir que c’est un homme intègre, un homme d’action qui dit tout ce qu’il pense, sans détour. Ne le prenons pas au mot. Ces propos ne véhiculent pas forcément de la malveillance. Sous ce ton sévère et cette apparence austère se cachent certainement beaucoup de générosité et d’humanisme.

Bah N’Daw est en apprentissage de la politique. Il a certainement compris qu’il n’est pas dans une caserne et qu’il doit être moins autoritaire et plus conciliant. Que ceux qui se sont offusqués de ses mots reviennent à de meilleurs sentiments. On a coutume de dire que “le tort du berger ne justifie pas la casse du parc. Notre pays est au bord du précipice. C’est pourquoi je prie les syndicats et les partis politiques de mettre le Mali au-dessus des revendications corporatistes et des calculs politiciens.

En parlant de calculs, j’interpelle tous les politiciens du Mali. Je ne diabolise personne, je ne ferai pas de procès d’intention, je n’entrerai pas dans le dénigrement. Je suis de ceux qui croient que les politiciens ont leur raison d’être au Mali comme ailleurs.

Ils sont les professionnels du discours et les peuples ont besoin de bons discours pour être éclairés et guidés. Il est regrettable que d’une façon générale, le caméléon soit devenu le symbole du politicien malien. Je dis d’une façon générale parce qu’il n’y a pas de règles sans exceptions. Tout Malien avait le droit légitime de rêver d’être au sein du conseil national de cette transition.

Mais si on n’y siège pas ce n’est pas la fin du monde !

La transition n’est pas une fin en soi. On doit toujours être disponible pour faire œuvre utile pour sa patrie.

En démocratie, chacun jouit de toute sa liberté d’expression et autres. Mais ce que je rejette avec force, c’est le raisonnement suivant : « Si je n’obtiens pas ce que je cherche, que le pays croule ».

Aucun patriote ne suivra quelqu’un dans cette logique. Dans cet ordre d’idée, il me plaît ici de saluer l’esprit patriotique et de responsabilité de Monsieur Yacouba Katilé, le secrétaire général de l’UNTM.

Les défis qui assaillent notre pays sont nombreux et graves. J’invite les Maliens, de toutes conditions et de toutes tendances, à faire preuve de tolérance et surtout de patriotisme pour que cette transition se passe bien. Il y va de la stabilité de notre pays.

Pour terminer, je fais aux nouvelles autorités plus qu’une suggestion, une proposition. C’est au constat que depuis l’indépendance, notre pays est allé de mésaventure en mésaventure.

Le président Modibo Keita, le pionnier de notre indépendance, ce patriote émérite, ce panafricain hors pair, parce qu’incompris, a été martyrisé et humilié par les Maliens. Il a terminé ses jours, cruellement confiné entre quatre murs. Il a terminé ses jours dans le désespoir, la détresse la plus profonde et l’humiliation la plus avilissante.

Je propose au CNT et au gouvernement l’organisation d’une journée de commémoration suivie de prières pour le repos de l’âme de ce grand patriote. Cette cérémonie peut être organisée sur l’un des grands stades de la capitale. Puisqu’il s’agit d’un musulman, une prière collective sera dirigée par un grand imam du pays. Des délégués pourront venir de l’ensemble du Mali. Des mets seront préparés pour faire manger des affamés. Des gestes symboliques seront faits à l’endroit des héritiers et de la famille de l’illustre disparu.

Le président Modibo Keita mérite cette commémoration. Il est pour le Mali ce que le General DE GAULLE est pour la France.

Je ne fais pas de charlatanisme ou d’obsession. A travers mes analyses j’ai pu apprécier le sens hautement patriotique d’un tel geste, ainsi que sa valeur expiatoire. Des personnes sérieuses l’ont déjà dit sur certaines antennes de radio. Moi je ne fais que relayer. Cette cérémonie peut être faite dès que possible, après la Covid 19.

Partant, je réitère mon appel à chaque Malien et chaque Malienne à mettre le Mali au-dessus de toutes autres considérations.

Que Dieu sauve le Mali.

Elhadj Drissa Doumbia

Ecrivain Domicilié à

Yirimadio- Bamako

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