Politique

SAIGNEE AU SEIN L’EX-PARTI PRESIDENTIEL RPM : Cinq hauts cadres dont le maire de Gao et l’ancien ministre Malick Alhousseini Maïga démissionnent

L’ex-parti présidentiel Rassemblement pour le Mali (RPM) vient de subir sa première série de démissions de hauts cadres depuis la perte brutale du pouvoir le 18 août 2020.

C’est la section de la région de Gao qui a enregistré cette première série de démissions de cadres. Il s’agit de Dacka Boubacar, maire de la Commune urbaine de Gao, Abdel Kader Younoussa Maïga, maire de la Commune rurale de Gounzourèye, Malick Alhousseini Maïga, président de la Fédération RPM de Gao et ancien ministre de l’Energie, et son vice président  Rhissa Ag Mohamed ainsi que le secrétaire général adjoint de la Cité des Askia, Aboubacar Diallo.

Ces élus et hauts cadres de la section RPM de Gao représentent chacun un poids politique qui peut drainer des centaines de militants en faveur de leur parti. Les démissionnaires ont adressé une lettre le 23 mars au secrétaire général de la section de Gao pour officialiser leur départ de toutes structures du parti du Tisserand. Ils n’ont pas fait cas des motifs de leur démission.

Mais, une source au sein de l’ex-parti présidentiel confirme leur démission et donne quelques raisons qui seraient, selon lui, à l’origine de cette décision. Selon ses explications, « les démissionnaires étaient déjà suspendus dans toutes les activités politiques du parti pour manquement aux textes ». Dans un document qu’on a pu consulter, l’ancien ministre Malick Alhousseini Maïga et ses acolytes avaient refusé de soutenir le candidat du parti lors des élections législatives de mars-avril 2020 en jetant leur dévolu sur liste Adéma/Asma. Ils ont été suspendus « pour violation flagrante des statuts et règlement intérieur du RPM ». Toujours dans cette lettre de suspension, le bureau politique national du RPM soutient « disposer des enregistrements audio de certains membres de la section RPM de Gao appelant à voter pour la liste Adéma/Asma ».

Depuis cette date, les relations entre le bureau national du Tisserand et ces cadres qui viennent de démissionner étaient restées tendues. « Tous ces démissionnaires sont des transfuges du PDES, de l’Adéma, de l’URD qui avaient déposé leurs valises au RPM à l’arrivée du président Ibrahim Boubacar Kéita au pouvoir. Ils prennent eux-mêmes le chemin du départ  pour d’autres pâturages. Bon débarras. Les rangs du RPM s’assainissent », ironise un cadre du RPM que nous avons contacté.

Il faut noter que depuis le départ de l’ex-ministre de l’Energie du gouvernement post-élection présidentielle 2018, Malick Alhousseini était resté en froid avec le parti en se faisant rare dans les activités politiques.

Des indiscrétions soutiennent qu’il n’a jamais consommé son départ du gouvernement. Et ce départ pourrait justifier les raisons qui ont poussé ce ex-haut cadre du RPM de Gao de présenter sa femme dans une liste adverse contre son propre parti. Sans désigner leur prochaine destination, l’on pourrait établir une connexion entre les démissionnaires et l’ancien Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga, qui avait quitté le Tisserand à la veille de l’élection présidentielle de juillet 2018. Hasard de calendrier, cet ex-vice président du RPM, qui a été d’ailleurs le directeur de campagne du président IBK en 2013, vient de lancer son propre parti « Convention pour la République ».

S. D.

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