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REFORMES POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES : L’organe unique des élections aux calendes grecques

Longtemps sollicitée  par  la classe politique, la société civile et les partenaires du Mali, la création de l’organe unique de gestion des élections a été renvoyée aux calendes grecques  par le Premier ministre Moctar Ouane. Il évoque des contraintes liées au temps imparti à la Transition.

C’est lors de la présentation du plan d’action de la feuille de route du gouvernement de la Transition devant les membres du CNT que le chef du gouvernement a fait cette annonce.  Elle constitue une véritable déception pour l’ensemble de la classe politique, la société civile et les partenaires techniques, qui appuient le processus électoral au Mali.

Devant les membres du CNT, le Premier ministre a rappelé que la charte et la feuille de route  de la Transition assignent à son gouvernement de jeter les bases  des réformes, notamment la création de l’organe unique de gestion des élections.

Moctar Ouane a justifié ce report par des contraintes de temps. « La Transition est confrontée à des contraintes majeures et ne dispose pas de temps nécessaire pour rendre fonctionnel l’organe de gestion des élections afin de prendre en charge tout le processus électoral dans le respect strict de la durée de la transition », s’est-il justifié.

Le refus du gouvernement de créer cet organe avant les scrutins électoraux en vue est un véritable échec pour les états-majors des partis politiques qui, aujourd’hui, se méfient des  militaires au pouvoir. La classe politique a été évincée de la gestion de toutes les instances de la Transition et accusée par les nouvelles autorités d’être responsable de la situation chaotique actuelle du pays.

C’est pourquoi les politiques accusent les militaires de vouloir s’accaparer tous les leviers du pouvoir afin de le garder au terme des élections présidentielles et législatives de 2022. « Le M5-RFP dit non aux manœuvres en cours pour faire des élections à venir une cession de pouvoir à un homme choisi par la junte pour perpétuer son pouvoir et s’assurer de l’immunité », a protesté le M5-RFP lors de sa première sortie après le coup d’Etat du 18 août dernier.

Toujours devant les membres du CNT, le Premier ministre a tenté d’apaiser la situation, en faisant référence à la dernière rencontre du cadre de concertation avec les chefs de partis politiques. « Lors du cadre de concertation qui sera mis en place avec la classe politique, le gouvernement va s’approprier cette question afin de trouver des réponses consensuelles », a apaisé le chef du gouvernement, ajoutant que le gouvernement apportera des améliorations au dispositif actuel de façon consensuelle afin d’organiser les élections dans le respect strict de la durée de la Transition.

Les autorités de la Transition ont procédé à la mise en place d’une Cellule d’appui au processus électoral subordonné au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentration, puis procédé à la dissolution de la Commission nationale électorale indépendante.

Le renvoi aux calendes grecques de la création de cet organe donne carte blanche au lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga d’organiser les six consultations électorales en vue.  « Tant que les élections seront toujours organisées par le gouvernement, le régime en place va toujours gagner », avait déclaré feu le président Amadou Toumani Touré dans un ultime entretien à la télévision publique.

C’est ce qui est dénoncé aujourd’hui par la société civile  et  le M5-RFP.  Le Mouvement du 5-Juin demande une rectification de la Transition. Pour lui, la Transition et le processus électoral ne peuvent pas être l’affaire d’une junte militaire qui a décidé de faire main-basse sur tout le Mali : les institutions, l’administration, l’économie, les élections, etc.

  1. D.

 

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