Santé Société

REFORME DU SYSTEME DE SANTE : La Fensacom outille les agents de santé communautaire

La Fédération nationale des associations de santé communautaire du Mali (Fensacom), en partenariat avec l’Association des municipalités du Mali (AMM) et Save The Children, a organisé hier l’atelier de validation du plan d’actions de renforcement des capacités des acteurs locaux et communautaires pour l’effectivité de la réforme du système de santé et le Régime d’assurance maladie universelle (Ramu) au Mali. La cérémonie d’ouverture était présidée par le représentant du ministre de la Santé et du Développement social, Dr Adama Baridjan Diakité.

Selon le document cadre de la réforme de la santé de mars 2019, l’un des facteurs explicatifs de la couverture sanitaire déplorable au Mali est le faible taux d’accessibilité aux services de santé ainsi que la qualité tout aussi déplorable desdits services. Les paiements directs représentent un obstacle financier majeur aux soins de santé.

Quarante-six pour cent (46 %) de la population ayant besoin de soins n’auraient pas utilisé les services de santé parce qu’ils sont trop chers. De nombreux Maliens ont du mal à assumer les frais liés aux soins de santé dans le pays et sont souvent obligés de choisir entre emprunter, dépenser des ressources rares ou rester sans traitement.

Selon le même document cadre de la Réforme de la santé de mars 2019, le système de soins de santé primaires au Mali (communément appelé santé communautaire) est sous-capitalisé, doté d’un personnel insuffisant et variable, incapable de garantir une qualité de soins minimale et de répondre aux demandes d’une population malienne en voie de modernisation, en croissance et en cours d’urbanisation.

L’adoption par le gouvernement du Mali le 31 décembre 2018, de la loi instituant le Ramu et l’engagement formel pris par le chef de l’Etat le 25 février 2019 lors de l’ouverture des travaux de l’atelier de haut niveau sur la réforme du système de santé de rendre gratuits les services de santé pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes constituent une opportunité majeure d’inverser la situation et de relever les défis sanitaires auxquels des millions de Maliens, surtout les enfants et les femmes enceintes font face.

La réforme annoncée pourrait, en effet, améliorer la couverture sanitaire de centaines de milliers de femmes et d’enfants et constituerait une étape cruciale vers la réduction de la mortalité chez les enfants de moins de 5 ans au Mali.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour garantir la mise en œuvre de cette politique et des engagements y afférents et pour que l’intégration des agents de santé communautaires dans le système de santé soit accélérée et efficacement mise en œuvre au niveau des aires de santé. C’est dans ce cadre que la Fensacom a, en partenariat avec l’AMM et Save The Children, organisé hier un atelier dont l’objectif est de valider le plan d’actions de renforcement de capacités des acteurs locaux et communautaires impliqués dans l’opérationnalisation de la réforme du système de santé en vue de contribuer à l’effectivité de la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes et le Ramu.

Selon le président de la Plateforme des organisations de la société civile en faveur de la promotion de la couverture sanitaire universelle et le Ramu, Yaya Zan Konaté, cet atelier traduit l’engagement de la société pour la reforme de notre système de santé et du Ramu.

« Le plan validé sera une réponse aux préoccupations de notre Plateforme dans l’amélioration de la santé des populations et la valorisation des agents de santé communautaire », affirmera-t-il.

Le représentant-pays de Save The Children au Mali, Amavi Akpamagbo, a salué les efforts du gouvernement malien à travers le ministère de la Santé et du Développement social pour soulager les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Selon lui, « le Mali montre la voie à d’autres pays en Afrique sur la mise en place de la couverture sanitaire universelle ».

Le représentant du ministre de la santé et du Développement social, Adama Baridjan Diakité s’est réjoui de l’organisation de cet atelier, qui, dira-t-il, contribuera à répondre aux besoins des communautés sur le plan sanitaire.  « La non-maitrise de la reforme par les agents de santé communautaires peut engendrer des incompréhensions. Nous sommes engagés à accompagner les initiatives de la société civile visant l’amélioration de la santé des populations maliennes », a-t-il déclaré.

Abdrahamane Diamouténé

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