Politique

QUOTA ET MODE DE DESIGNATION AU CNT : Le fossé s’élargit entre la classe politique et la junte

Après la publication du décret n°2020-0143/PT-RM du 9 novembre 2020 fixant la clé de répartition du Conseil national de transition (CNT), la classe politique refuse d’y participer dans le format actuel. Le M5-RFP, l’EPM et le parti Codem dénoncent une militarisation de la Transition.

Les deux décrets fixant respectivement les modalités de désignation des membres du Conseil national de transition (CNT) et la clé de répartition de cet organe ont été publiés  dans le dans le journal officiel, le mardi 10 novembre 2020. Le décret n°2020-0143/PT-RM du 9 novembre 2020 fixant la clé de répartition du Conseil national de transition prévoit 22 représentants des Forces de défense et de sécurité contre 8 représentants du Mouvement du 5-Juin (M5-RFP), 11 représentants des partis et regroupements politiques, 9 représentants des organisations de la société civile.

Après cette décision des autorités de la Transition, la réaction de la classe ne s’est pas fait attendre. Au sortir d’une réunion extraordinaire, le 11 novembre 2020, les partis politiques « Ensemble pour le Mali » (EPM) ont décidé de ne pas participer au CNT.

Dans un communiqué, le M5-RFP déplore de très nombreuses irrégularités aussi bien dans la forme que dans le fond des deux textes. « Le M5-RFP, profondément attaché à l’Etat de droit, ne saurait cautionner aucune violation des textes fondamentaux, en l’occurrence la Constitution et la Charte de la transition », renchérit le communiqué.

« Ces manœuvres sur la mise en place du CNT ont fait tomber les masques et dévoilé la nature purement militaire de la Transition avec un habillage civil qui ne trompe plus personne ni au Mali ni parmi les observateurs internationaux », insiste le Mouvement.

A cet effet, le Mouvement invite les Maliens de se mettre débout, « de dénoncer la restauration en cours, de se battre contre le maintien du régime de IBK sans IBK et de refuser la manipulation et la forfaiture en cours. Le M5-RFP, qui refuse de servir de faire-valoir à un régime militaire déguisé, a unanimement décidé de ne pas participer au Conseil national de transition  (CNT) dans le format proposé ».

Par conséquent, « le M5-RFP dénie à quiconque d’y participer en son nom et met en garde les autorités de la Transition contre toute manipulation visant à associer son nom à cette mascarade ».

Le parti Codem dénonce une caporalisation du pays. « Face à ce mépris et à cette volonté de caporalisation digne d’une dictature des pays de l’Est, le parti déplore l’absence de concertation permettant d’aboutir à un résultat consensuel. Emboitant le pas à son président Housseini Amion Guindo, la Codem, qui considère cette démarche comme une volonté d’exclusion des partis politiques, écarte toute participation à la mise en place du CNT en l’état », précise le communiqué.

Cependant, selon les indiscrétions, il est fort possible que ces partis politiques fassent front commun dans les semaines à venir pour faire reculer les locataires de Kati.

Y. Doumbia

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
30 + 8 =