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PROMOTION DE LA LECTURE : Les acteurs plaident pour la pérennisation de la méthode syllabique

« La lecture est importante. Si vous savez lire, alors le monde entier s’ouvre à vous », a dit l’ancien président américain, Barack Obama. Mais aujourd’hui, avec la dégradation de notre système éducatif par de nombreuses réformes, lire correctement est devenu le talon d’Achille de la quasi-totalité de nos apprenants.

Lire quelques phrases demeure une équation pour l’élève malien. Du primaire au secondaire, la plupart des apprenants éprouvent des grandes difficultés en lecture.

Pourtant des efforts ne manquent quant à la bonne pratique de la discipline, pour permettre le perfectionnement des élèves.

Comment sommes-nous arrivés à ce stade alarmant ?

A qui la faute ?

Comment sortir de ce bourbier ?

Nous avons rencontré certains acteurs œuvrant dans le domaine afin d’obtenir des réponses à ces questions cruciales.

  1. Dissa, enseigne depuis plus de 30 ans, pour ce maitre de français, c’est l’abandon de la méthode syllabique qui nous a entrainés dans ce bourbier.

Il s’agit d’une méthode couramment appelée « b.a.ba » consistant à identifier les lettres présentes dans un mot, afin de pouvoir les combiner en syllabes pour arriver à la formation d’un mot.

A en croire cet enseignant sac-à-dos, le système éducatif d’un pays ne doit pas être un champ d’expérimentation de n’importe quel système éducatif.

« Avant de nous retrouver dans cette situation, même les petits enfants de l’école malienne savaient lire correctement, parce qu’on était dans la méthode syllabique. Depuis qu’on a commencé à expérimenter d’autres méthodes au détriment de la méthode syllabique, tout est tombé à l’eau. Nous avons perdu notre place dans la sous-région. Aujourd’hui, seuls 10 élèves sur 50 élèves peuvent lire correctement, c’est vraiment effrayant.  Parce que si l’élève ne sait pas lire, comment peut-il apprendre ses leçons ?», déplore M. Dissa.

Pour lui, au-delà du retour en 2016-2017 à la méthode syllabique, il faut une imposition systématique partout au Mali. « Il faut absolument revenir à l’application stricte de la méthode syllabique. On a recommencé avec la méthode syllabique, mais il faut reconnaître que des générations entières ont été déjà sacrifiées par la mauvaise foi de nos décideurs », déplorera-t-il.

Adama Traoré, enseignant de son état n’est pas allé avec le dos de la cuillère.  A l’en croire, c’est une démission collective de tous les acteurs de l’école, des gouvernants en passant par les enseignants et les parents d’élèves, qui a provoqué cette descente aux enfers.

Pour ce maitre d’enseignement fondamental, il est temps d’arrêter de transformer notre école en terrain d’essais de systèmes inappropriés.

« Les arrêts intempestifs des cours, la mauvaise volonté des dirigeants pour la promotion d’une école performante, compétitive, la transformation de notre école en champ d’essai avec des systèmes inappropriés, la valorisation des établissements privés au détriment des établissements publics sont, entre autres, des impacts qui nuisent à la progression de l’apprenant », regrette M. Traoré.

Et l’enseignant de plaider pour le retour et la pérennisation de la méthode syllabique sur toute l’étendue du territoire qui, selon lui, constitue un facteur clé pour l’apprentissage de la bonne lecture.

« Pour ce faire, il faut que les décideurs placent l’école au-dessus en optant pour un seul et unique système éducatif de Kayes à Kidal. Que l’Etat fasse tout pour empêcher les grèves intempestives », a-t-il proposé.

«Aujourd’hui, rares sont les élèves du fondamental qui peuvent lire correctement une seule phrase. C’est vraiment décevant, mais tout le monde continue de fermer les yeux sur ce mal.

Il est temps que nous prenions conscience de l’existence de ce problème, parce que cette situation n’honore personne. En 2016-2017, on a recommencé avec la méthode syllabique, et je souhaite que cela soit continuel », affirme Salif Coulibaly, enseignant et parent d’élève.

Balla Soumaïla Traoré

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