Société

PIERCING NASAL: Le phénomène prend de l’ampleur

De nos jours, le fait de percer le nez est devenu monnaie courante dans notre pays. Elle suscite de l’engouement chez les jeunes filles et des femmes mariées au Mali.

 Au Mali, plus précisément à Bamako, on voit certaines jeunes filles et femmes mariées se faire percer le nez. L’objectif, selon plusieurs femmes interrogées, est de pouvoir séduire les hommes.

Selon Sokona Sangaré, étudiante, cette pratique est juste un plaisir pour elle pour se faire attirer par les hommes.

« Je me suis percé le nez parce que j’avais envie de le faire, pour me faire belle et faire plaisir aux hommes. Cette mode est très importante pour moi parce que je me sens séduisante et plus belle.  Plusieurs hommes étaient tombés sous mes charmes  à cause du  piercing  au nez que j’avais fait. Je me prenais comme la plus gracieuse et la plus captivante dans mon entourage.

Je dirais que c’est le mode aujourd’hui à travers le monde, et je ne vois aucun inconvénient à cela puisque chacun à sa façon de vivre », a affirmé l’étudiante.

Mme Traoré Farima Sidibé dira que toute chose qui embellit la femme comme les tresses, les hennés, les piercing, les habits décolletés devant son époux  ne sont  pas interdits par la charia islamique.

« Se percer le nez me plait naturellement et en plus, mon mari l’adore beaucoup, je ne fais pas cette mode pour séduire et attirer un autre homme mais plutôt de faire ce que mon époux me demande. Les gens pensent que c’est une façon de se prostituer, de séduire ou de  provoquez, alors qu’ils se détrompent, quand on aime une chose personne ne peut changer cette décision », a affirmé F.S.

Si certains sont favorables à ce phénomène à la mode, d’autres pensent que c’est un signe de déviation éducative.

Pour Sidiki Diarra, mécanicien de son état, « se percer le nez pour moi est synonyme d’une mauvaise éducation, tant que tu n’es pas né avec la chose pourquoi forcer. Tout le monde à sa culture. Avant on voyait cette pratique chez les peulhs et qui faisaient partie de leur culture. Une jeune fille ou une femme mariée qui perce le nez est considérée comme une personne qui n’est pas issue  d’une bonne famille. Elles sont en train d’entraver les valeurs de notre société tout simplement pour séduire les jeunes garçons et hommes mariés », a regretté M. Diarra.

Pour sa part, Fatoumata Maïga, une mère, a indiqué que « la culture  indienne est en train de gagner le cœur des filles maliennes dont certaines se distinguent par un anneau sur la partie gauche du nez. Aujourd’hui, nombreuses filles et femmes mariées de la capitale Bamakoise se percent le nez, les lèvres et même des parties intimes du corps soi-disant pour se faire belle. Ce phénomène gagne du terrain chez nous et qui ne fait pas partie de nos cultures. Les filles qui se percent le nez ne sont pas sans savoir que, cela constitue des dangers ».

Utiliser des astuces pour se rendre belle fait partie des quotidiens pour les femmes et les jeunes filles, mais certaines pratiques peuvent nuire gravement à la santé.

Selon certains médecins spécialistes, le fait de percer le nez peut nuire à la santé.

Pour Cheick Kouma, médecin au CHU du point G, « se percer le nez est un danger que nos jeunes filles et femmes mariés ne savent pas du tout. Ça peut causer un œdème (gonflement), une infection virale (en particulier de l’hépatite B, l’hépatite C et du VIH), une hémorragie ou une réaction allergique aux métaux, le traumatisme lié à une perforation récente ou liée à l’accrochage fortuit du piercing  avec un autre objet.

Selon Bintou Keïta, dermatologue au CNAM (Centre national d’appui à la lutte contre la Maladie),  le piercing nasal peut avoir des conséquences dermatologiques.

« Se percer le nez a des conséquences en dermatologie tels que la mauvaise cicatrisation, souvent on peut avoir des complications comme des cicatrices hypertrophique et chéloïde », a-t-elle expliqué.

S’agissant de la question si le piercing peut provoquer le VIH/SIDA ou d’autres maladies, la dermatologue dira cela dépend des conditions d’utilisation des matériaux pour se percer.

« Ca dépend des conditions de la pratique et des conditions d’utilisation du matériel pour percer. Il faut que ça soit un matériel qui est bien nettoyé, crédité, chaque pratiquant doit avoir son matériel et il ne faut pas utiliser le même matériel chez tout le monde. Si ces conditions ne sont pas réunies, il peut avoir une contamination par le VH/SIDA ou l’hépatite », a indiqué Mme Keïta.

Ramata Thiam, Stagiaire

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