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Médiation de la CEDEAO : les acteurs entre espoir et enlisement

Une délégation de haut niveau de la CEDEAO, conduite par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, est à Bamako, depuis le mercredi 15 juillet 2020, pour rencontrer les parties prenantes à la crise sociopolitique au Mali en vue de trouver une solution.

A chaud, nous avons recueilli les propos de certains leaders du M5-RFP et de la majorité présidentielle, après leur rencontre avec la délégation de la CEDEAO, hier, jeudi 16 Juillet 2020, à l’hôtel Salam.

Mme Sy Kadiatou Sow : leader du M5-RFP

« Ils ont souhaité échanger avec nous sur notre vision, comment nous voyons la situation aujourd’hui, quelles solutions on pourrait trouver pour sortir de la crise actuelle. Nous avons donc longuement échangé, c’était même prévu pour une heure, mais nous avons eu presque deux heures d’échanges. La première mission de la CEDEAO avait déjà formulé des recommandations le 18 juin dernier, à la veille de la marche du 19 juin 2020. Ils sont revenus sur ceux-là, mais dans l’esprit d’améliorer ces propositions au regard de l’évolution de la situation. Nous, de notre côté, nous avons insisté sur ce qui s’est passé récemment, notamment les tueries, le 10 juillet dernier ». Aussi, a-t-elle précisé que le M5 RFP « reste sur sa position initiale ».

Issa Kaou Djim, porte-parole de la CMAS et proche de l’imam Mahmoud Dicko

« Ce sont des maliens qui ont été tués à balles réelles, parce qu’ils manifestaient au nom de la démocratie. Il faut que IBK et Boubou nous disent qui a tiré sur ces maliens et qu’on les arrête. Au lieu de situer les responsabilités, non, on nous demande si Boubou doit partir, ou ne doit pas partir, quel gouvernement doit être mis en place, et autres choses banales qui sont à l’ordre du jour de Koulouba ». Il faut signaler que M. Djim dit s’être retiré des débats pour des « impératives » avant d’ajouter : « les négociations en cours ne sont pas rassurantes ». Pour d’autres commentateurs, il a été simplement débarqué de la réunion en raison de son manque de courtoisie.

Dr Bocary Treta : président de la majorité présidentielle

« Nous leur avons exprimé plein de choses et je pense que nous avons été compris. Parmi les membres du M5 RFP, il y a des hommes et des femmes que nous connaissons bien. Avec certains d’entre eux, nous avons été au coude à coude en 1991, en 1992. Avec certains d’entre eux, nous étions dans la défense des institutions de la République en 2012. Avec certains d’entre eux nous avons tenté de prévenir la crise de 2018. Nous avons évité à notre pays une crise en 2019. Et nous avons pensé à raison, que ces hommes et femmes avec lesquels, la plupart du temp, nous avons été dans la même équipe gouvernementale, tantôt quand IBK était Premier ministre ou président de la République, nous devons trouver des ressorts nécessaires pour nous asseoir et parler du Mali, afin de sortir définitivement le pays de cette crise ».

 

Le chef de la délégation a pour prénom Goodluck, qui signifie bonne chance en Français. Alors, sera-t-il aussi chanceux pour parvenir à rapprocher les maliens pour sortir de cette crise ?

Ousmane Tangara / Bamako News

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