Politique Société

L’imam Mahmoud Dicko, « champion des droits de l’Homme » Les spécialistes des droits doutent de la véracité

L’imam Mahmoud Dicko désigné par « l’organisation mondiale des droits de l’Homme » comme la plus grande personnalité en Afrique de l’Ouest, selon ses partisans. Et qu’il recevra sa distinction honorifique, le 30 mars prochain à Bamako. Cependant, plusieurs spécialistes des droits doutent de la véracité de cette distinction honorifique venant d’une « organisation sérieuse ».

Comme prévu, les partisans de l’imam Mahmoud Dicko ont fait hier des annonces fortes  à la presse concernant leur leader. C’était en présence des membres de la Cmas, le club des amis de l’imam Dicko, le club des amis de Chérif du Nioro et d’autres associations.

Dans son intervention, le porte-parole de l’imam, Amadou N’Dounga, récemment nommé à la primature, a déclaré que la première nouvelle porte sur la désignation de l’imam par  » l’organisation mondiale des droits de l’Homme » comme  la plus grande personnalité de l’année  en Afrique de l’ouest. « A la demande du secrétariat exécutif de l’organisation mondiale des droits de l’Homme,  les experts régionaux ont mené des enquêtes dans les 16 pays ouest-africain pour choisir la personnalité qui s’est distinguée dans le domaine social, politique et sécuritaire. Finalement, le choix des experts a porté sur l’imam Mahmoud Dicko », affirmera-t-il.

Selon lui, la remise officielle de cette distinction honorifique aura lieu à Bamako, le 30 mars prochain sous la présidence du colonel Malick Diaw, président du CNT. Une forte délégation de ladite organisation sera également présente.

La deuxième nouvelle a porté sur l’inauguration du nouveau centre de l’imam dédié à la paix et à la cohésion dans le Sahel. Aux dires de N’Dounga, ce centre sera inauguré, le 1er avril prochain, par le Premier ministre Moctar Ouane. Pour la circonstance, les partisans de l’imam promettent de  faire une grande mobilisation autour de ces deux évènements afin de rehausser l’image de leur leader.

Cependant, certains avertis doute de la véracité de cette distinction d’autant plus que le nom de l’organisation n’est pas précisé par le porte-parole de l’imam. Selon certains spécialistes de droit, ceux qui ont eu l’idée de mêler l’imam aux questions de droits de l’Homme ne lui rendent pas service.

« La conception actuelle qui prévaut s’agissant des droits de l’Homme dans leur intégralité a une connotation purement occidentale.   Les droits de l’Homme englobent tout: les droits des femmes, égalités entre hommes et femmes en droits et devoirs, les libertés des orientations sexuelles donc de l’Homosexualité et des transgenres… », explique un spécialiste.

Selon ce dernier,  si une organisation sérieuse des droits de l’Homme décerne quelconque prix à l’Imam, cela  signifie simplement que l’imam Dicko adhèrerait à ces principes. « Pourtant telle n’est pas le cas à ce que je sache… l’imam a toujours été en première ligne s’agissant du code de la famille ou encore de l’enseignement de l’homosexualité à l’école… », dira-t-il.

A en croire notre interlocuteur,  les visions entre les organisations de défense des droits de l’Homme qui soutiennent tous les droits aux individus divergent clairement avec celles de l’imam qui demeure quelqu’un de très conservateur face aux définitions occidentales de certaines libertés. « A la lumière de cela, sauf s’il s’agit de changements de dernière minute, l’imam ne saurait être qualifié de « champion des droits de l’Homme » par une organisation, encore moins une se disant « organisation mondiale des droits de l’Homme « , conclut-il.

L’imam Dicko et ses partisans devront plus se battre pour convaincre l’opinion nationale et internationale de l’attribution de cette nouvelle distinction émanant de surcroît d’une organisation de droits de l’Homme.

Y. Doumbia

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
22 − 13 =