Sécurité

LIBERATION DE IBRAHIM KARAGNARA PAR LA DGSE : que reproche-t-on à « l’ancien nouveau » DG de la SE ?

Convoqué par la direction générale de la Sécurité d’Etat (DGSE), le 10 septembre dernier, Ibrahim Karagnara aurait recouvré sa liberté après avoir probablement passé un deal avec le nouveau directeur de la Sécurité d’Etat, Lassine Doumbia. Il est reproché au nouveau locataire d’avoir empoché un pot de vin.

Selon des sources proches, le désormais ex-directeur de la DGSE aurait pris un demi-milliard de F CFA à l’opérateur économique, Ibrahim Karagnara, trempé dans l’affaire de surfacturation d’équipements militaires. L’affaire ayant explosé, la junte aurait pris la décision de relever Lassine Doumbia de ses fonctions. Contrairement à des informations qui circulent et qui font croire que l’officier supérieur n’aurait été relevé que pour prétendre à un poste ministériel.

Ces sources vont jusqu’à indiquer qu’’il serait le futur ministre de la Défense ou de la Sécurité ou que c’est au nouveau locataire de Koulouba de choisir le titulaire de la DGSE, pourquoi sa démission prématurée. Pourtant, selon des informations fiables, ces deux postes auraient déjà des titulaires, respectivement le colonel-major Ismaël Wagué et le colonel Malick Diaw, 1er vice-président du CNSP. Sauf s’il est prévu la dislocation desdits départements pour trois personnes, ce qui n’est pas à l’ordre du jour, puisque déjà la taille du nouveau gouvernement est connue pas plus que 25 suivant la charte de la transition et les résolutions du Dialogue national inclusif.

Un proche du colonel-major Lassine Doumbia s’est confié à nous après avoir appris son limogeage. « Je ne suis pas surpris. Depuis sa nomination quelques jours après le coup d’Etat, j’ai dit haut et fort à certains que Lassine ne peut durer à ce poste. Je le disais en connaissance de cause pour avoir travaillé avec lui. Depuis 2012, j’ai pris mes distances avec lui à cause de ses incohérences. En tant que qu’officier c’est déplorable de sa part de ne pas pouvoir rester fidèle. En 2012, après le coup d’Etat d’Amadou Haya Sanogo, il s’est illustré de la plus spectaculaire des manières pour être dans la grâce des nouveaux maîtres du jour. Faute d’avoir eu ce qu’il espérait gagner (argent et nomination) il avait du mal à cacher son impatience. Les évènements du 18 août dernier étaient vus par lui comme une aubaine d’avoir une place qui puisse lui procurer les deux. Et la DGSE paraît être une destination rêvée. Hélas, à peine nommé, il est démis de ses fonctions. Mais à mon avis, il ne peut s’en prendre qu’à lui même », assène-t-il.

En tout cas la libération aussi rapide d’Ibrahim Karagnara a fait couler beaucoup d’encre. Dans les jours à venir, cette affaire risquera un rebondissement puisque déjà elle se trouve sur la table du procureur anticorruption, Mamoudou Kassogué qui avait interpellé l’ancien ministre de la Communication, Mahamadou Camara, qui était à l’époque des faits directeur de cabinet à la Présidence.

Ce dernier avait fait objet d’un dépôt de mandat. Et comment Karagnara puisse s’échapper en un laps de temps de la justice ? Sont citées dans cette affaire de surfacturation d’équipements militaires plusieurs personnalités notamment l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, Fily Sissoko, ancien ministre de l’Economie et des Finances, Moustapha Ben Barka, ancien secrétaire général de la Présidence.

Nous y reviendrons.

Fatoumata Haïdara

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