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Incarcération de Soumeylou Boubèye Maïga : Ses partisans dénoncent une « politisation du dossier »

L’Alliance pour la Solidarité au Mali -Convergence des force patriotiques (ASMA-CFP), la plateforme des amis et clubs de soutien à Soumeylou Bouèye Maïga, inculpé dans l’affaire de l‘achat de l’aéronef présidentiel et des équipements militaires, ont, lors d’un point de presse, hier mercredi, dénoncé un procès politique intenté à leur chef.

Le siège national du parti était plein à craquer par de nombreux militants et sympathisants de l’ASMA-CFP venus assister à cette première sortie médiatique depuis l’arrestation du président du parti, Soumeylou Boubèye MaÎga.

« Nous parlons de ce dossier aujourd’hui parce que nous avons constaté que le dossier bien qu’entre les mains de la justice a cessé d’être un dossier simplement judiciaire », a introduit le porte-parole du parti et les clubs de soutien, initiateurs de cette conférence.

Selon le conférencier, le parti est loin de vouloir influencer la justice, car leur président arrêté est un justiciable comme tout autre qui doit répondre de ses faits et actes.

« S’il doit répondre, cela doit se faire selon les règles prescrites par les lois de la République », indique les soutiens de l’ancien Premier ministre, qui restent fidèles au contenu du premier communiqué publié, il y a quelques jours, où l’ASMA-CFP dénonçait « un acharnement politique ».

Dans ce communiqué, le parti s’en est pris au M5-RFP et l’accuse d’avoir constitué un gouvernement exclusif, e dévié toutes les missions qu’il s’est assigné.

« Les Maliens constatent que la situation sécuritaire se dégrade, que le territoire continue d’être occupé, que les syndicats de enseignants demeurent en grève et que l’accord peine à être mis en œuvre », relève la déclaration lue devant la presse.

Selon toujours le parti, le gouvernement étant dans l’incapacité de relever ces défis, a mis en branle sa machine contre leur camarade Soumeylou Boubèye Maïga à travers le dossier de l’acquisition d’un aéronef et de équipements militaires. Parce que, dit-il, ceux qui entendent se perpétuer au pouvoir pensent que Soumeylou Boubèye Maïga n’a pas le droit de demander le respect de la durée de la transition comme il l’a fait.

« Il constitue un prétendant sérieux à la présidentielle qu’il faut écarter et anéantir par tous les moyens. Il incarne aux yeux de ceux qui veulent réécrire notre histoire un symbole, un mouvement démocratique de 1991 qu’il faut effacer », estime l’ASMA-CFP.

Par ailleurs, le parti s’en est également pris à la procédure déclenchée par le Procureur général près de la Cour suprême qui foule au pied la séparation des pouvoirs en disant que des personnes seront jugées et condamnées.

« Le dossier est politique parce que la Cour suprême ne peut pas s’autosaisir d’un dossier concernant un ministre et le faire juger par une autre juridiction », estime le parti de l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye, détenu à la Maison d’arrêt central de Bamako, depuis le jeudi 26 août dernier.

Toute chose que la Constitution interdit, soutient le conférencier.

Et le porte-parole d’ASMA-CFP d’enfoncer le clou : « le Procureur général près la Cour suprême s’est substitué à l’Assemblée nationale qui vote la mise en accusation d’un ministre devant la Haute Cour de justice ».

En outre, le parti a déploré la célérité avec laquelle Soumeylou Boubèye Maïga a été interpellé et placé sous mandat de dépôt et les conditions de sa détention à la prison centrale de Bamako, où, selon lui, environ 3 500 personnes sont détenues parmi lesquels les dangereux terroristes.

« L’on perçoit la volonté de l’humilier pour le faire plier et aussi celle d’exposer sa vie », déplore la déclaration de l’ASMA-CFP, qui rassure ces détracteurs que « leur président se ne pliera point ».

La déclaration du parti de conclure en insistant sur une arrestation injuste et illégale d’un homme privé aujourd’hui de liberté à cause de « ses opinions ».

Pour rappel, l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, qui était ministre de la Défense au moment des faits, est inculpé dans le dossier ainsi que l’ancienne ministre de l’Economie et des finances, Mme Bouaré Fily Sissoko. Ces deux anciens dignitaires du régime déchu d’IBK sont cités dans un rapport publié par le Bureau du Vérificateur général en octobre 2014 sur l’achat de l’avion présidentiel et les équipements militaires. Ce document relève des détournements de deniers publics par des opérations frauduleuses pour un montant de 9,3 milliards de FCFA.

Seydou Diarra

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