Société

Harmonisation de la grille salariale : les enseignants annoncent les hostilités après la fête

Le président de la Transition et son Premier ministre, en signant l’ordonnance 003/PT-RM du juillet 2021 fixant la grille indiciaire unifiée des personnels relavant des statuts des fonctionnaires de l’Etat, des collectivités territoriales, des statuts autonomes et militaires, ont enclenché un nouveau bras de fer avec les enseignants qui annoncent les hostilités après la fête.

Les autorités de la transition du Mali ont cédé à la pression de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) en répondant favorablement à l’harmonisation de la grille salariale de tous les travailleurs de l’Etat.

Cette ordonnance, qui abroge toutes les dispositions antérieures, à savoir les statuts particuliers accordés par les régimes précédents, est mal accueillie par la Synergie des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre.

Les enseignants voient en cette décision du gouvernement un mépris à la lutte héroïque qui a permis il y a un an l’application de l’article 39.

« Le président de la Transition et son Premier ministre viennent d’étaler à la face du monde leur mépris envers les enseignants du Mali, mais aussi et surtout leur manque de considération à l’école et à l’avenir des enfants », a vivement protesté le Porte-parole de la Synergie des enseignants, Ousmane Almoudou.

Et d’ajouter : « Les enseignants du Mali resteront débout et se dresseront contre toute personne qui s’opposera à leurs intérêts, qui tenterait de mettre en cause leurs acquis ».

Pour ce syndicaliste dont les propos ont été largement partagés sur les réseaux sociaux, le président de Transition et le Premier ministre, à travers l’Ordonnance d’aujourd’hui, ont déclaré « la guerre au corps enseignant du Mali ».  Et rassure les militants des syndicats que les enseignants répondront à la hauteur de l’acte posé.

« En attendant les actions fortes en cours de planification, je vous invite au respect strict des mesures en cours, notamment la rétention des notes et le boycott des évaluations anticipées », a-t-il lancé.

Mais, ces propos de « va-en-guerre » prononcés par ce responsable de la Synergie des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre, auront du mal à avoir les effets escomptés parmi les siens, car certains enseignants ne sont pas sur la même longueur d’onde avec la Synergie par rapport à la question de l’harmonisation de la grille salariale des fonctionnaires décidée par le gouvernement.

Il faut noter que cette ordonnance qui détermine le futur traitement salarial au Mali est en partie en faveur des enseignements des catégories B2 qui verront une augmentation substantielle de leur salaire.  Ceux-ci risqueront de ne pas suivre le mot d’ordre des responsables de la Synergie des syndicats de l’éducation.

De quoi susciter des lendemains incertains sur l’unité de cette Synergie qui a gagné haut la main le bras de fer contre les gouvernements successifs de Soumeylou Boubèye Maïga et de Boubou Cissé.

Des responsables de l’éducation et des agents comptables dont certains au sein du ministère de l’Education nationale corroborent cette position en soutenant que « l’harmonisation de la grille salariale accorde une augmentation beaucoup plus importante que l’application de l’article 39 de la Loi portant statut particulier du personnel réclamé par les responsables syndicaux ».

Cette situation, si elle est bien expliquée aux enseignants, pourrait convaincre la majeure partie d’entre eux à se désolidariser du combat des responsables syndicats qui multiplient, depuis la publication de cette ordonnance, les menaces de retenir les notes des évaluations et de boycotter les examens de fin d’années.

Le pouvoir exécutif de son côté annonce qu’il va poursuivre les négociations avec les responsables de syndicats des enseignants pour trouver un compromis afin de sauver le reste de l’année scolaire, voire l’école malienne d’une énième crise.

Le Premier ministre, Dr Choguel Kokala Maîga, l’un des artisans de cette décision d’harmonisation de grille salariale, est convaincu que les négociations vont aboutir à quelques choses de positive.

Pour rappel, l’article 39 qui accorde un statut particulier aux enseignants est le résultat d’une longue lutte entre les enseignants et les pouvoirs exécutifs précédents, les mêmes qui ont voté cette loi à l’Assemblée nationale avant de se rétracter en refusant de l’appliquer.

Seydou Diarra

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