Politique Société

FRONT SOCIAL : Que réclame au juste l’UNTM ?

En grève depuis hier pour cinq jours, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) défend des revendications qui s’articulent autour de neuf points de revendications dont l’éradication des disparités dans les conditions des travailleurs par l’établissement de la justice sociale, la situation des compressés, les partants volontaires à la retraite, le recrutement 8600 jeunes dans les fonctions publiques par an, pendant 5 ans…

 

Faute d’entente avec le gouvernement, la centrale syndicale observe une grève de 5 jours allant du 14 au 18 décembre 2020. Le cahier de charges de l’UNTM comporte neuf points de revendications.

Premièrement, l’UNTM exige l’éradication des disparités dans les conditions des travailleurs par établissement de la justice sociale.

Pour ce faire, la centrale demande : l’octroi des primes spécifiques et indemnités selon la profession et l’emploi et selon les catégories de la fonction publique, en évitant les écarts que rien ne justifie ;  le respect de l’égalité de chances, de non-discrimination entre fonctionnaires par l’établissement de grilles indiciaires catégorielles par catégorie de la fonction publique, au terme des discussions du présent préavis.

Le 2e point de revendication du secrétaire général Yacouba Katilé et ses camarades porte  sur les compressés. L’UNTM exige la fin du calvaire des compressés des sociétés et entreprises d’Etat dont les droits ont été clairement établis, à travers leur paiement intégral, au plus tard le 31 janvier 2021 : Comatex-Itema- Smecma-Azalai Hôtel Tombouctou ainsi que tous les groupes de travailleurs de Huicoma dont la situation est éclairée depuis fort longtemps, en particulier, le statut des 149 agents ayant observé le sit-in à la Bourse du travail à l’appel de leur syndicat ; la constitution d’une commission UNTM-gouvernement pour traiter les dossiers qui ont été envoyés au bureau exécutif par le gouvernement lui-même pour leur traitement Opam-BDM- Somiex, etc. à partir de fin janvier 2021.

Le 3e point  concerne la situation des partants volontaires à la retraite. A ce niveau, la centrale exige l’octroi aux partants volontaires à la retraite sans exception : du Droit à pension conformément à l’accord-cadre avec l’USAID, la Banque Mondiale, la mise à leur disposition du fonds de réinsertion au plus tard le 31 Mars 2021.

Quatrièmement, l’UNTM  demande l’octroi du bénéfice de la prolongation des âges de départ à la retraite selon les catégories A, B2, B1 et C : Pour les contractuels de l’Etat dans les services publics, dans les ambassades du Mali, en particulier celle de Washington(USA) ; pour les conventionnaires de l’Etat dès 2020, au besoin par la révision de leurs contrats intégrant cette disposition d’âge à la retraite ; pour certaines catégories de fonctionnaires dont la police nationale.

Le 5e point  porte sur le recrutement de 8600 jeunes diplômés dans les fonctions publiques par an, pendant 5 ans. Le nombre n’ayant jamais été atteint depuis les accords de 2019, la centrale exige le recrutement d’au moins 20 000 jeunes diplômes dans la fonction publique en janvier 2021 ; le point de la situation des diplômés recrutés dans les corps de défense et de sécurité de 2019-2020, même si les accords de 2019 ne les concernaient pas spécifiquement.

Sixièmement, l’UNTM demande la normalisation de la carrière administrative recrutés divers de l’enseignement, des catégories D-E de la fonction publique de l’Etat dont les perspectives d’avenir passent par la relecture corrective du décret n°051/P-RM du 10 février 2011 ainsi que l’intégration des contractuels payés sur fonds propres des hôpitaux.

La centrale demande aussi le reclassement dans la fonction publique, en fonction des diplômes détenus par tous les jeunes anormalement utilisés dans des fonctions de conception et de direction dès le mois de janvier 2021 ; l’intégration dans les fonctions publiques, pour raison nationale de tous les enseignements des Écoles communautaires (ECOM) au plus tard à l’ouverture prochaine de classes ; la régularisation de la situation administrative des enseignements (cas des matricules 0100 pour l’ouverture prochaine) ; la finalisation de l’intégralité des contractuels payés sur fond propre des hôpitaux, soit 76 travailleurs restants pour le 31 janvier 2021 au plus tard.

Au 7e  point, la libération des domaines fonciers de l’ORTM et de l’IER illégalement occupés est exigée.

Pour ce faire, la centrale demande l’intervention de l’Etat pour l’application de la décision de justice sur les domaines de l’ORTM sis à Souleymanebougou et objet du titre foncier n°74281 de Kati pour janvier 2021 ; l’application du décret 2017-07-67 septembre 2017elatif aux redevances radio- télé ; l’évacuation des domaines l’IER occupé anarchiquement par des individus pour janvier 2021.

Le 8e point concerne les relations professionnelles.

A ce niveau, la centrale demande de la garantie par l’Etat, et sous sa supervision non interdite par les normes internationales, de la tenue des négociations sur les conventions collectives notamment les plus obsolètes comme celle relevant du commerce et celles qui demandent d’être révisées ; la transposition dans le secteur privé des augmentations de salaires obtenues en 2014 et 2019 ; l’éradication des violations de la liberté syndicale dans les services publics, parapublics et privés notamment, à l’INPS, à la CMSS, Somisy-SA à Syama et à l’Ambassade du Mali aux USA ; la mise en œuvre des passerelles entre les 2 fonctions publiques ; la suspension immédiate des activités des bureaux de placement privés ; la reconsidération du statut des travailleurs du secteur de l’hôtellerie (relecture de l’article L20.5 du code du travail).

Le 9e point  concerne le plan politico-économique-social et juridique.

A cet effet, l’UNTM exige l’adoption des lois et décrets sur l’Oclei proposés par la commission de suivi et la relecture de la loi n°015 du 27 mai 2014 et ce au terme des discussions de ce préavis ; le recentrage des mesures de fonctionnement de la transition au Mali en vue d’en corriger les anomalies et insuffisances dès la 2e quinzaine de décembre 2020 ; la mise en place des mesures et de structures appropriées pour la relance du chemin de fer, de la poste et pour l’évaluation des privatisations, des contrats et du code minier, ainsi que l’exploitation d’or pour remettre le Mali dans ses droits.

La centrale exige aussi l’indemnisation des travailleurs victimes de la crise au Mali depuis 2012 ; le maintien et renforcement de l’Usine Malienne de produits pharmaceutiques (UMPP) ; le règlement intégral des droits des travailleurs licenciés de l’AZI-SA ; les mesures immédiates pour réduire la cherté de vie ; la prise en charge sociale et économique des travailleurs victimes des conséquences de la pandémie de la Covid-19 (hôtel de l’Amitié, etc.)

 Y. Doumbia   

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