Société

ENVIRONNEMENT : La ministre, Bernadette Keita, autorise la déforestation à grande échelle!

En procédant à la levée de la suspension de l’exploitation du bois d’œuvre ou bois de sciage, la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Bernadette  Kéita, donne, mine de rien, le feu vert aux exploitants forestiers  chinois d’en finir avec nos grands arbres et les exporter vers la Chine et d’autres pays.  La menace est telle que sur les 32 millions d’hectares de forêts au Mali il y a quelques années , il ne reste plus que 17 millions d’hectares aujourd’hui.

Comme les autres pays de la planète, le Mali n’est pas épargné par le changement climatique. Selon les statistiques nationales, les deux tiers du pays sont désertiques et sur les 32 millions d’hectares de forêts au Mali il y a quelques années , il ne reste plus que 17 millions d’hectares. Ces déforestations à grande vitesse sont liées, entre autres, aux perturbations climatiques, notamment les inondations, les actions humaines (feu de brousse, coupe du bois, occupation illicite des domaines forestiers).

De Kayes à Sikasso en passant par Koulikoro et Ségou, les massifs forestiers sont de plus en plus rares. Des sociétés maliennes et chinoises en complicité avec des autorités sont à la base de cette situation.

En effet, chaque semaine, des centaines de conteneurs de bois sont exportés.

Signataire de l’Accord de Paris sur le climat (Cop-21), le Mali ne pouvait pas rester indifférent face à cette coupe abusive de bois. C’est pourquoi, l’ancien ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Housseini Amion Guindo, a pris en mai 2020 une décision courageuse pour sauver le peu de forêts qui reste.

A travers la décision n°0016/MEADD-SG du 27 mai 2020, il a suspendu  les activités d’exploitation du bois d’œuvre ou bois de sciage sous toutes leurs formes jusqu’à nouvel ordre, sur toute l’étendue du territoire national.

Si cette décision a été largement appréciée par les gens soucieux de notre avenir commun, tel n’a pas été le cas du côté des exploitants forestiers. Ces « prédateurs forestiers », qui ne pensent qu’à leur poche et non l’avenir des millions de Maliens, ont entamé une véritable campagne de séduction afin d’obtenir la levée de la suspension. Finalement, ils ont eu raison de la ministre Mme Bernadette Kéita qui a cédé en plein jour.

Par décision n°0017/MEADD-SG du 31 mars 2021, la ministre lève la suspension de l’exploitation du bois d’œuvre ou bois de sciage. Pour quelle raison ? Seule la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable pourra répondre à cette question.

Selon les explications du Directeur national des eaux et forêts, l’inspecteur général Ousmane Sidibé, au micro de nos confrères de Malizine, l’autorisation d’exploitation des bois au Mali est conditionnée au paiement d’une garantie ou caution de 100 millions de FCFA. Autrement dit, pour obtenir l’autorisation de couper nos bois, chaque société doit payer une somme de 100 millions de FCFA. Cette modeste somme pour combien de milliards de dégâts dans nos massifs ?

Pour le président de l’association Wassa ton de Kéniéba, Aliou Diallo, les dégâts causés par les prédateurs forestiers sont estimés à plus de 3 milliards de FCFA par semaine. Actuellement, au Mali, une dizaine de sociétés exploitent nos grands arbres dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Sikasso.

Cette décision surprenante de Mme la ministre censée protéger les massifs forestiers va sûrement se heurter à la colère des populations locales dans plusieurs localités, notamment à Bafoulabé, Kéniéba, Bougouni et Yanfolila.

D’ailleurs, le président de l’association Wassa Ton, Aliou Diallo, a déjà prévenu la ministre Mme Bernadette Kéita, que les populations de Kéniéba n’assisteront pas mains croisées à la destruction de leur environnement. Car elles sont seules à subir les conséquences négatives de ces coupes abusives de bois.

En tout cas, notre patrimoine forestier ne doit jamais être monnayé

Drissa Tiéné

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