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Démission d’IBK : l’aboutissement d’une lutte intense du M5-RFP

Après plusieurs mois de lutte intense contre le régime d’IBK, le M5-RFP a eu gain de cause avec la démission du président de la République obtenu par les mutins de Kati.

Mardi soir, tardivement, le président de la République a fait part de sa démission dans un discours à la télévision nationale. Un discours dans lequel, il remercie la population et leur réitère tout son amour. « En ce moment précis, je remercie le peuple malien. Je n’éprouve aucune haine vis-à-vis de personne, mon amour pour mon pays ne me le permet pas », exprime-t-il. Cette démission du président de la République est le fruit d’une longue lutte menée par le M5-RFP. Un mouvement mixte composé des partis politiques, des religieux et de la société civile. Il est né suite au tripatouillage les résultats des élections législatives par la Cour constitutionnelle et l’insécurité grandissante dans le pays. Le M5-RFP avait comme mot d’ordre dénoncer la mauvaise gestion du régime et demander la démission du président. Pour mettre hors du jeu le président de la République, le M5-RFP a fait plusieurs sorties place de l’indépendance pour demander sa démission et celle de tout son régime. La première sortie intervenue le 5 juin était une démonstration de force du Mouvement au régime d’IBK. A cela s’ajoute une deuxième sortie, le 19 Juin où le Mouvement avait décidé d’aller remettre la lettre de démission au président de la République, ils ont été dispersés à coup de gaz lacrimogène en cours de route par les forces de l’ordre. Le Mouvement a ensuite élaboré un mémorandum soumis au président de la République. Le non application de ce mémorandum, va aboutir à un nouveau rassemblement au monument de l’indépendance le 10 Juillet  avec la même  revendication la démission du président  de la République et son régime. A la lecture de leurs doléances, ils ont décidé l’application de la désobéissance civile. Pendant cette désobéissance civile, on a assisté au saccage des biens de l’état tels que l’Assemblée nationale et  la chaine nationale. Et des tueries le 10, 11 et 12 juillet devant la mosquée de l’imam Mahmoud Dicko sise à Badalabougou. A l’approche des festivités de la fête de Tabaski, le Mouvement a décrété 10 jours de trêve. La dernière sortie considérée comme historique selon lui,  s’est déroulé le 11 août au monument de l’Indépendance. Au cours de ce rassemblement, le mouvement s’en est pris à la France. Ils reprochent au pays colonisateur de s’opposer à la démission du Premier ministre Boubou Cissé. Après cette 4ème sortie, une délégation du M5-RFP accompagnée par l’autorité morale du mouvement, l’imam Mahmoud Dicko, se sont rendus à Nioro chez le guide des Hamallistes pour l’informer et prendre conseil auprès de lui. Après cette visite, le comité stratégique du M5-RFP a décidé de intensifier la lutte avec l’organisation des caravanes tous les jours jusqu’à la démission du président de la République. Et la première caravane du mouvement, qui s’est déroulée le 18 août, s’est couplée à la mutinerie des soldats de Kati qui a abouti à l’arrestation du président de la République et sa démission tard dans la nuit.

L’effort de la CEDEAO

La CEDEAO est intervenue dans la crise malienne pour l’apaisement de la situation entre les deux parties. Son intervention a permis la mise en place de la nouvelle cours constitutionnelle et un mini gouvernement de six ministres. Elle prévoyait l’organisation d’une élection partielle dans toutes les circonscriptions ayant fait l’objet de fraude et  une rencontre entre le président de la République et le M5-RFP.

Moctar Koné

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