Politique

Après la nomination du premier ministre, Moctar Ouane : Un gouvernement de 25 membres attendus aujourd’hui

L’ancien ministre des Affaires Etrangères, Moctar Ouane,  nommé  le weekend dernier  au poste  Premier ministre doit,  sauf surprise, procéder ce jour à la proclamation de la liste des 25 membres du gouvernement de la Transition. Aucun parti politique n’a été sollicité  à présenter le CV de son représentant  dans ce gouvernement, selon nos recoupements.

Le nouveau  Premier ministre de la Transition, réputé être à équidistance avec les partis politiques, va certainement annoncer un gouvernement en partie de technocrate et des militaires, ce mardi.  En tout cas, c’est l’impression que le trio M’Bah Daw, Assimi Goïta et Moctar Oaune, semble  montrer en s’abstenant d’associer la classe politique à la formation de ce gouvernement de mission.

Le choix de l’ancien ministre des Affaires étrangères, puis l’Ambassadeur du Mali aux Nations Unies, Moctar Ouane, qui a été préféré aux 14 candidats du M5-RFP,  bénéficie jusque-là  d’un certain consensus. Le nouveau chef du Gouvernement voudrait mettre à profit ce consensus autour de lui pour former un Gouvernement moins contesté. Mais, le moins qu’on puisse dire, Moctar Ouane a eu moins de temps pour étudier les CV des potentiels candidats à ce gouvernement, au point que certains pensent que les choses ont été déjà décidées par les autorités militaires du CNSP puis imposées au Président et au Premier ministre de la Transition. D’ores et déjà, il nous revient que le CNSP, en plus du poste de vice-présidence de la Transition, est entrain de tout mettre en œuvre pour conserver les portes feuilles de la Défense, de la sécurité, de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, les Mines voire le l’Economie et des Finances.

Ces manœuvres présumées pour avoir la main mise sur les postes sensibles de la transition auraient conduit le CNSP à vouloir conduire la transition sans associer la classe politique, qui, jusque-là, n’a pas été sollicitée pour faire partie de ce gouvernement de Moctar Ouane. Plusieurs responsables des partis politiques comme la CODEM, le parti Yelema, les FARES ANKAWULI, l’URD … contactés par nos soins, rétorquent qu’ils n’ont pas été sollicités à participer à ce gouvernement.

Notre source au sein du parti Yelema pense que le nouveau Premier ministre est dans son droit de ne pas associer la classe politique à la gestion du gouvernement de la Transition. «Notre position est claire : la classe politique doit rester en marge de cette transition. Nous pensons qu’elle doit attendre les consultations électorales en vues », nous confie ce cadre du parti Yelema. Lequel poursuit qu’avant-hier soir, les militaires avaient déjà clos la liste des entretiens de ceux et celles qui doivent occuper un poste dans le gouvernement de transition dont l’officialisation de la liste est attendue aujourd’hui. Et un autre cadre du parti FARES, visiblement en colère contre les militaires et la façon dont le M5-RFP s’est conduit après la chute d’IBK, estime que «la classe politique doit refuser de faire partie de la transition».

En tout cas, une possible absence de la classe politique dans ce gouvernement va certainement mettre en difficulté Moctar Ouane, qui est resté en retrait de la scène politique nationale dans ces huit dernières années en se consacrant à son poste de fonctionnaire de l’UEMOA chargé de la paix et de la sécurité. Les analystes pensent qu’il n’aurait pas les mains libres pour conduire, sous l’autorité du Président de la Transition, des chantiers de différentes réformes du dialogue national inclusif et de préparer les prochaines élections présidentielles et législatives ? Ce, à cause de la classe politique qui va vouloir des contestations à chaque fois qu’elle ne sera pas d’accord avec certaines réformes entreprises par les autorités de la Transition.

S.D.  

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