Société

ABUS DE CONFIANCE ET ESCROQUERIE : Des Maliens de France portent plainte contre Gakharou Doucouré

Dans un courrier en date du 13 août 2020, des ressortissants maliens en France ont déposé auprès du juge d’instruction du 3e cabinet du Tribunal de Grande Instance de la Commune VI du district de Bamako une plainte contre Gakharou Doucouré pour abus de confiance et escroquerie.

« Ils sont tous des Maliens résidant en France et membres de l’Association dénommée Conseil de base des Maliens de France dont Gakharou Doucouré est le président, demeurant à Bamako, Magnambougou, près du Centre EDM-SA. Ainsi, soucieux d’acquérir des terrains au pays (Mali), les plaignants ont mandaté depuis 2012 leur président, Gakharou Doucouré à l’effet de procéder à ces acquisitions pour leur compte. Chacun des plaignants a cotisé des montants correspondants à la valeur du terrain. Ces acquisitions devant se faire soit à Gouana, Kouralé, Kati ou ailleurs au Mali. A cet effet, Diadié Sylla, collecteur des fonds ainsi que d’autres membres de l’association ont procédé à des envois de mandats à Doucouré ou à des virements de sommes importantes pouvant être estimées à près de 434 707 135 F CFA (soit 662 663 €). Ces montants lui ont été, soit envoyés par mandat, soit par virement sur son compte bancaire ouvert dans les livres de la BDM-SA ou de la Bank of Africa, à charge pour lui d’acquérir des parcelles au nom et pour le compte de chacun des membres. Le temps passant, Doucouré ne donnait aucune nouvelle aux membres de l’association. Personne n’a obtenu la moindre parcelle de terrain. En 2019, certains membres choqués par son comportement mutique ont décidé d’en savoir plus. Ainsi Diadié Sylla, le collecteur des fonds auprès des membres et convoyeur principal desdits fonds, s’est déplacé à Bamako pour s’enquérir de la réalité de la situation. Il découvrait qu’en réalité des acquisitions avaient été faites par Gakharou Doucouré en son nom personnel. Des actes notariés avaient été établis par Me Karamoko Camara, notaire à Bamako attestant cette situation. Ayant découvert que Gakharou Doucouré a détourné lesdits fonds à des fins personnelles, les membres de l’association du Conseil de base des Maliens de France s’étaient concertés en vue d’une action judiciaire contre Doucouré. C’est ainsi qu’ils ont créé l’Association pour la défense et l’assistance des victimes maliennes de France. Son siège social se situe au 2 rue Charles Linné 92600 Asnières- Sur -Seine (France). Gakharou Doucouré a profité de sa position de président au sein de l’association précitée, pour se proposer d’aller acheter au Mali, au nom de nombreux ressortissants maliens résidant et travaillant en France et pour leur compte, des terrains à usage d’habitation », peut-on lire dans la plainte.
Selon les plaignants, « Doucouré, afin de mettre davantage en confiance ses interlocuteurs, utilisait une lettre du ministre des Maliens de l’Extérieur du 21 octobre 2009, dans laquelle des conseils lui étaient donnés afin de mener à bien l’acquisition de 700 lots de terrains, à usage d’habitation, pour les Maliens résidant en France. Cela constituait une manœuvre  frauduleuse destinée à obtenir la remise des fonds. Doucouré établissait également des factures pro-forma relatives à des prestations portant sur l’acquisition desdits terrains ».
Toujours dans la même plainte, les plaignants évoquent « des sommes importantes qui ont été collectées en France, par, notamment, Dadié Sylla, qui les reversait ensuite directement à Gakharou Doucouré, lequel était censé acquérir les terrains au Mali. Bakary Diawara, Kaba Doucouré, Moussa Camara, Mamadou Sylla, attestent tous avoir transporté dans le cadre de ces opérations d’achat de terrains, au Mali, des sommes importantes collectées auprès des Maliens de France, avant de les remettre sur place à Gakharou Doucouré ou par le biais de virement sur le compte Gakharou Doucouré ouvert dans les livres de la Bank of Africa. Doucouré a de toute évidence gardé l’argent par devers lui et l’a utilisé à des fins personnelles. Comme l’attestent l’acquisition des différents titres fonciers pour son propre compte avec les fonds des plaignants ».
Pour rappel, aux termes des dispositions de l’article 282 de la loi n°01-079/ANRM du 20 août 2001 portant Code pénal : « Est qualifié abus de confiance le détournement frauduleux, commis au préjudice du propriétaire ou du détenteur d’une somme d’argent, d’un document ou d’un objet mobilier quelconque, qui aurait été confié à quelque titre que ce soit par ledit propriétaire ou détenteur à l’auteur du détournement, à charge, par celui-ci, de le rendre ou de le représenter ».
Abdrahamane Diamouténé

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