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Image d'illustration. © Senego.com

Prolifération d’espace de loisir et de détente : de la violation des textes à visage découvert

L’installation et le maintien d’un établissement de loisir et de détente sont bien définis par les textes émanant de la direction nationale du tourisme et l’hôtellerie (DNTH). Qu’à cela ne tienne, ces établissements sont implantés un peu partout en violation des dispositions prévues par les textes.

La loi numéro 2018-068 du 13 décembre 2018 en son article 4 prévoit que : “la liberté de création et d’exploitation d’établissement de tourisme sur toute l’étendue du territoire est reconnue à toute personne physique ou morale sous réserve du respect des lois et règlements en vigueur ainsi que des exigences de professionnalisme reconnue par les normes en la matière”. Autrement dit, il n’y a aucun texte qui interdit l’ouverture d’un établissement de jouissance. Mais des dispositions réglementaires sont prises pour exiger les conditions d’ouverture.

Ces conditions sont définies dans le décret 2019-0137/P-RM du 04 Mars 2019 portant règlementation de l’agrément et de l’exploitation des établissements de tourisme en République du Mali. Dans son article 22, il fixe les montants à payer selon la catégorie de l’établissement d’hébergement touristique : (hôtels, motel, résidence de tourisme, auberge, appart hôtel ou appartements meublés, villages de vacances, centres de vacances, gites, auberges, relai touristique, chambres d’hôtes, pension, Lodge). Ainsi, pour avoir son accréditation, un établissement d’une capacité de 05 à 10 chambres doit payer 100 000 FCFA, 200 000 F CFA pour celui de 10 à 50 chambres, 500 000 F CFA pour les 50 à 100 chambres.  L’accréditation des capacités de plus de 100 chambres varie de 1 000 000 FCFA à 2 000 000 F CFA.

Pour les établissements de loisirs et de détente, l’accréditation est cédée à  2 000 000 F CFA pour le parc de loisirs et le parc d’attractions. Celle de l’espace de loisirs est acquise à 1 000 000 F CFA. N’étant pas soutenu par des garde-fous sociaux et environnementaux (telle que l’étude d’impact environnemental), ce critère financier ne suffit pas pour réglementer la création de ces espaces en question.

Les textes torpillés

Bien que les réglementations en la matière précisent les conditions d’établissement des lieux de détente et de loisir, il ressort que celles-ci sont violées par les promoteurs en complicité avec les autorités. Ils interdisent l’installation de ces établissements à proximité des édifices ci-après : les lieux de culte, les cimetières, les établissements scolaires, les établissements hospitaliers, les centres de santé…. Mais par nos constats et des informations recueillies, on voit que ces critères ne sont pas respectés dans l’implantation de ces établissements. Ce qui ne peut pas se faire sans la complicité des autorités compétentes, qui sont sensées faire une enquête sur le lieu avant de donner l’autorisation d’installation. Cette étude préliminaire est bafouillée moyennant de l’argent ou même d’autres conditions entre le promoteur et les agents chargés du contrôle.

Un secteur déstructuré

“Dans les années 1960-1970 on pouvait compter les établissements de loisir et de détente du bout des doigts à travers Bamako. Mais aujourd’hui tel n’est plus le cas.  Les plus connus en son temps étaient le bar de Jean, chez Diarra Numéro 2, Rio Fresco (à Médine non loin de l’IOTA), Pélé de Banconi et  le Sport à Bolibana”, nous a révélé Souleymane Doucouré, journaliste à la retraite. De nos jours, selon les constats, le secteur des établissements de détente connait une explosion vertigineuse. Les chiffres sont aujourd’hui révélateurs. Plus de 500 bars, rien que dans la ville de Bamako, sont dénombrés. Pire, dans une seule rue de Banankabougou (rue 776), quatre bars se concurrencent dans la dépravation des mœurs. Plus grave, c’est dans cette même rue qu’une école (Paradis des Enfants) a été supplantée par un bar au vu et au su de tout le monde.

Le calvaire des voisins

La violation des textes dans l’installation des lieux de détente et de loisir affecte beaucoup la tranquillité de ses voisins directs sans oublier les effets collatéraux sur l’environnement. Ils les obligent très souvent à veiller contre leur gré à cause des nuisances sonores et autres scènes de bagarres. “Ce n’est pas facile de vivre à côté de ces lieux de plaisir. Ils font trop de bruit la nuit rendant difficile le sommeil dans les familles voisines. A mon avis, les autorités doivent prendre leur responsabilité pour faire respecter les textes en la matière. Elles doivent aussi savoir que ces lieux peuvent aussi contribuer à la dépravation des mœurs”, a interpelé Boubou Soumbounou, dont la maison jouxte un bar dans le quartier de Banankabougou.

Eu égard aux effets néfastes des bars, l’on mesure donc le calvaire de la rue 776 de Banankabougou qui abrite, contre son gré, à lui seul quatre bars ?

En tout cas, les habitants de la rue en question organisés en collectif, sont vent débout pour exiger la fermeture desdits bars avant le mois de ramadan. Pour l’heure, la responsabilité de la mairie de la Commune VI et celle d’autres services techniques compétents, sont à situer dans cette anarchie qui tranche avec les réglementations en vigueur citées ci-haut.

Fousseyni Diakité, stagiaire          

Aumali.net

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