Flash Infos
Accueil / Actualités / PRESIDENTIELLE ET Concertations DE 2018 : Deux processus au crible du Pocim

PRESIDENTIELLE ET Concertations DE 2018 : Deux processus au crible du Pocim

Le Pool d’observation citoyenne du Mali (Pocim), six mois après la tenue de l’élection du président de la République, a publié hier un rapport critique sur la présidentielle et sur les concertations régionales de 2018. C’était à la faveur d’une conférence de presse animée par son chef de mission, Ibrahima Sangho, à l’Hôtel Maeva.

Dans un discours liminaire, Ibrahima Sangho a dévoilé les enseignements tirés par le Pocim sur l’organisation du scrutin présidentiel des 29 juillet et 12 août 2018.

S’agissant du déroulement du scrutin présidentiel, la Mission d’observation du Pocim note que le processus électoral de 2018 s’est traduit, entre autres, par : la faiblesse de l’implication des organisations de la société civile malienne ; le retard dans la promulgation de la loi électorale, à seulement trois mois de la tenue de l’élection présidentielle ; la faible vulgarisation de la loi électorale auprès des populations dont la très grande majorité est non alphabétisée en français ; le grand écart constaté entre le taux de distribution des cartes d’électeurs (75 % soit 6 073 181 à la date du 10 août 2018) et le taux de participation des citoyens (34,42 % au 2e tour du 12 août 2018, soit 2 753 698 électeurs) ; la persistance du défi sécuritaire au centre et au nord du pays ; la présence des forces armées et de sécurité qui a permis de maintenir un environnement serein et de confiance en plusieurs endroits.

Cependant, relativement aux populations, l’organisation a salué la maturité citoyenne des populations ainsi que la volonté et la capacité de la société civile malienne à s’organiser et à s’engager en bonne synergie dans le processus de démocratisation pour l’avènement d’une société pacifique ; la mise en œuvre de la veille électorale et de l’alerte précoce dans l’observation des élections. Des actes  qui ont permis de prévenir et de régler des incidents, irrégularités et dysfonctionnements liés au processus électoral.

Face à cette pléiade d’observations, le Pocim a formulé des recommandations.

Il invite le gouvernement à créer un cadre propice à l’exercice pacifique, par toutes les sensibilités, des droits et libertés politiques, en particulier les libertés de réunion et de manifestation ; d’intégrer dans le dispositif légal des élections en République du Mali, l’exigence de la publication en ligne des résultats du scrutin par bureau de vote dans un souci de transparence ; d’inscrire, par souci de transparence, dans les textes électoraux de la présence systématique des observateurs à toutes les étapes du processus électoral, y compris les phases de centralisation locale et nationale des votes ; de favoriser l’usage biométrique de la liste électorale dans les bureaux de vote par l’équipement de ceux-ci de terminaux électroniques de contrôle des électeurs a l’accès au vote.

De tels terminaux permettraient, par ailleurs, de minimiser ou dissiper totalement les risques d’incohérence issus du recensement manuel des voix dans les bureaux ; de  mettre en place un organe indépendant et unique de gestion des élections au Mali dans un souci de cohérence et d’efficacité technique et financière, etc.

A la Cour constitutionnelle, le Pocim recommande de créer un cadre de communication avec tous les acteurs du jeu politique et électoral en vue de susciter leur compréhension des missions et pouvoirs de la Cour ; de communiquer avec les partis politiques et les candidats sur les règles et subtilités du contentieux électoral afin de permettre l’exercice judicieux de leur droit à un recours.

Après plusieurs remarques spécifiques sur la tenue des concertations régionales, le Pocim recommande  la poursuite du dialogue politique inclusif entre le gouvernement et l’ensemble des partis politiques, la vulgarisation du contenu de la loi de 2012 sur le découpage territorial ainsi que des textes issus des consultations actuelles ; la publication officielle et claire des étapes à venir, tout en prenant en compte l’ensemble des échéances électorales du cycle de 2018-2019, etc.

Le Pocim, par la voie de son chef de mission, M. Sangho, a remercié l’l’Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique (EISA), l’Union européenne et sa Délégation au Mali pour l’accompagnement technique et financier sans oublier l’ensemble des organisations impliquées dans les élections dans notre pays.

Le Pocim est constitué de quatre organisations : l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance au Mali, en abrégé Observatoire, le Groupe pivot/droit et citoyenneté de la Femme, en abrégé GP/DCF, le Conseil national de la jeunesse du Mali en abrégé CNJ-Mali et les Volontaires pour le Mali, en abrégé VPM.

Cette conférence de presse a permis également aux membres du Réseau citoyen de médiation au Mali de présenter son rapport sur la médiation électorale lors de la présidentielle 2018 avec 420 médiateurs locaux.

Ousmane Daou

 

 

Essayez à nouveau

DEBOIRES DES TROUPES SUR LE TERRAIN : Le ministre de la Défense wanted !

Nombre de visites: 103 Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, Pr. Tiémoko …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!