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M'Bouillé Haïadra, chérif de Nioro et Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique. © Malinet.net.

L’épée religieuse sur le régime : IBK récolte la tempête du vent qu’il a semé

Pour accéder à la magistrature suprême, IBK n’avait pas hésité à nouer des alliances avec certains leaders religieux parmi lesquels l’imam Mahmoud Dicko et le Chérif de Nioro du Sahel. Mécontents de la gouvernance de leur protégé de 2013, les deux leaders religieux s’affichent aujourd’hui comme les principaux opposants du régime IBK. Pourtant, bien d’observateurs avaient dénoncé cette invitation des religieux dans l’arène. Si IBK les avait écoutés, il ne serait certainement pas amené à suivre la mobilisation inédite du 5 avril contre sa gouvernance. “Quand on sème le vent, on récolte la tempête” !

 Aujourd’hui, ce n’est plus Soumaïla Cissé, ni Tiébilé Dramé encore moins Oumar Mariko du parti Sadi qui empêchent le président Ibrahim Boubacar Kéita de dormir. Mais l’imam Mahmoud Dicko et le Cherif de Nioro du Sahel.

A l’appel de ces deux leaders religieux, le plus grand rassemblement de l’histoire du Mali a été organisé le 5 avril contre IBK et son gouvernement. A la veille, IBK et son Premier ministre n’ont pas dormi. C’est plutôt, ce qu’il a confié aux légitimités traditionnelles et coutumières le lendemain de la marche.

 Dicko et M’Bouillé, les parrains d’IBK en 2013

Principaux artisans de l’accession d’IBK à la magistrature suprême. En 2013, Dicko et Bouillé n’ont pas hésité à appeler les musulmans à voter pour le candidat Ibrahim Boubacar Keita au grand dam des autres candidats. Le résultat est connu. Le message des deux leaders religieux a été bien suivi. IBK bénéficie d’un vote populaire et ses adversaires d’un vote sanction. IBK reconnait l’apport de ses amis religieux.

En 2013, avant de prêter serment, IBK engagea les religieux à ne pas simplement l’aider à monter sur l’arbre et l’abandonner après. “Si vous me voyez dévier et que vous ne me le dites, je ne vous pardonnerai pas”, avait instruit IBK au religieux. Mieux, à l’époque, il a aussi mis en garde sa famille politique contre toute récupération de la paternité de son accession au pouvoir. “C’est vous qui m’avez mis là ou je suis aujourd’hui”, affirmait régulièrement IBK à chaque fois qu’il se trouvait devant les leaders religieux.

Auparavant, tous les discours de campagne du candidat IBK en 2013 étaient empreints de messages religieux. En plus de l’appellation El hadj, IBK s’était positionné comme le plus religieux des candidats à travers les récitations de sourate de Coran avant tout discours.

Quand les alliés deviennent des opposants

Mais depuis 2016, Dicko et M’Bouillé ont pris leur distance avec le régime IBK. Car ils estiment que le président IBK n’a pas honoré les engagements du candidat IBK. Pour exprimer leur rébellion contre la gouvernance IBK, l’un des mentors et fils spirituel du Cherif de Nioro fait une sortie fracassante pour dénoncer la trahison du locataire de Koulouba envers les leaders religieux. Cette sortie par procuration d’Aliou Boubacar Diallo est suivie par le retrait de son parti de la majorité présidentielle.

Ensuite se sont ensuivi les sorties du Cherif lui-même, pour informer ses adeptes qu’il est désormais opposé à IBK et à son régime. Pour le réaffirmer, M’Bouillé Haidara a appelé les Maliens lors de la présidentielle de 2018 à voter contre le candidat IBK. Son mot d’ordre a été bien accueilli et suivi par son protégé l’imam Mahmoud Dicko.

Si les opposants politiques ont appris la réélection d’IBK comme une défaite politique, Mahmoud Dicko et le Cherif de Nioro l’ont encaissée comme un affront. Et une prise de parole récente du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga est venue confortée cette position. “On a à faire avec des acteurs hybrides qui ont voté contre nous et fait voter contre nous”, avait jeté SBM à la figure de Dicko et M’Bouillé à la veille de leur meeting du 10 février dernier.

Il n’en fallait pas plus pour maintenir les deux leaders religieux dans le maquis. Pourtant IBK ne souhaite pas un autre front à ses portes, surtout celui tenu par les religieux. Dans la foulée du meeting du 10 février, il a engagé le dialogue avec ses opposants politiques. Malgré tout, Dicko et Bouillé n’ont pas oublié les propos du chef du gouvernement. Pour se réconcilier avec IBK, ils demandent la tête de Soumeylou Boubèye Maïga. Sans le dire, IBK ne rate pas d’occasion pour réaffirmer sa confiance à son chef du gouvernement.

Le refus du Président IBK de se débarrasser de son Premier ministre est perçu par les deux religieux comme un manque de respect. Pour amener IBK à changer de fusil d’épaule, Dicko et Bouillé ont appelé le 5 avril dernier les Maliens à une grande marche. Ce fut une marée humaine. Les observateurs estiment que ce fut la marche qui a mobilisée le plus de monde dans l’histoire du Mali.

Et si IBK avait écouté les détracteurs de l’intrusion du religieux dans la politique !

Après la présidentielle de 2018, IBK et son gouvernement n’ont pas eu assez de peine pour contenir les contestataires du résultat électoral. Le décret du gouvernement sanctuarisant les grandes artères de Bamako ont eu raison de Soumaïla Cissé et ses camarades. Avec ce décret, les manifestations se sont estompées avant l’appel de Dicko et Bouillé, le vendredi dernier. Pour organiser leur marche, les deux leaders religieux ont ignoré le décret du gouverneur. Comme pour dire que quand le religieux descend dans l’arène surtout à l’invitation des tenants du pouvoir, il n’a que faire des règles de la démocratie.

Ainsi, les artisans religieux de l’accession du président Ibrahim Boubacar Kéita au pouvoir sont devenus ses opposants redoutables. L’histoire semble donner raison aux détracteurs de cette alliance contre nature. Si le candidat IBK de 2013 avait laissé l’imam Mahmoud Dicko et le Cherif de Nioro du Sahel s’occuper respectivement de leur mosquée et zawiya, ils n’allaient pas réclamer la tête de son Premier ministre.

Oumar B. Sidibé

Aumali.net

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